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Comprendre la fiscalité de l’assurance vie après 70 ans : abattement global de 30 500 €, article 757 B et 990 I du CGI, traitement des gains, exemple chiffré complet et repères pratiques pour optimiser la transmission.
Fiscalité de l'assurance vie après 70 ans : ce que tout le monde comprend de travers

Fiscalité de l’assurance vie après 70 ans : remettre les règles à plat

La fiscalité de l’assurance vie après 70 ans est souvent résumée par une formule lapidaire et trompeuse. On entend partout que les versements effectués après cet âge seraient « perdants » pour la transmission, alors que la réalité du régime fiscal est plus nuancée et parfois très avantageuse. Pour un épargnant qui veut organiser sa succession et protéger ses bénéficiaires, comprendre précisément ces règles change concrètement le montant de capital transmis net de droits.

Le cœur du dispositif repose sur un abattement global de 30 500 € appliqué aux primes versées après 70 ans, tous contrats et tous bénéficiaires confondus. Cet abattement global ne porte que sur les primes versées, c’est à dire les versements en capital effectués après cet âge, et non sur les gains générés par ces primes. Conformément à l’article 757 B du Code général des impôts (CGI) dans sa rédaction en vigueur au 1er janvier 2024, et à la doctrine administrative publiée au BOFiP-ENR-DMTG-10-10-20-20 (notamment § 30 à 60, mise à jour du 20 décembre 2019), seuls les versements excédant 30 500 € sont réintégrés dans l’actif successoral ; la fraction correspondant aux produits rattachés à ces primes n’entre pas dans la base taxable au décès.

La différence essentielle avec la fiscalité de l’assurance vie avant 70 ans tient donc à la base imposable et non au contrat lui même. Avant 70 ans, chaque bénéficiaire profite d’un abattement de 152 500 € sur le capital et les gains, en application de l’article 990 I du CGI (version en vigueur au 1er janvier 2024), ce qui rend les contrats d’assurance vie très puissants pour une transmission importante. Après 70 ans, la logique change : le régime fiscal vise surtout à taxer les primes versées après 70 ans au delà de 30 500 €, mais il laisse les produits afférents hors droits de succession, ce qui peut être décisif si la durée de placement est encore longue.

Il faut aussi distinguer la fiscalité au décès de celle en cas de rachat partiel ou total du contrat après 70 ans. Les rachats partiels restent soumis à la fiscalité des produits de l’assurance vie classique, avec prélèvements sociaux et, selon l’ancienneté du contrat, prélèvement forfaitaire unique ou barème de l’impôt sur le revenu. La succession assurance vie obéit à une autre logique, centrée sur les droits de succession et les abattements spécifiques, qui s’ajoutent aux abattements de droit commun selon le lien de parenté entre le souscripteur et les bénéficiaires.

Dans ce contexte, la question n’est pas de savoir si la vie après 70 ans rend l’assurance moins intéressante, mais dans quels cas précis les versements après 70 ans restent fiscalement pertinents. La réponse dépend du montant des primes versées, de l’âge au moment du versement, du nombre de bénéficiaires et de la durée de placement envisagée. « Après 70 ans, l’assurance vie reste un outil de transmission patrimoniale précieux. »

Avant ou après 70 ans : comment se partage vraiment l’avantage fiscal

Pour arbitrer entre un versement avant ou après 70 ans, il faut raisonner en deux blocs distincts. D’un côté, les primes versées avant 70 ans relèvent des dispositions du Code général des impôts qui accordent un abattement de 152 500 € par bénéficiaire sur le capital transmis, gains compris (art. 990 I CGI). De l’autre, les primes versées après 70 ans relèvent de l’article 757 B du Code général des impôts, avec un abattement global de 30 500 € sur l’ensemble des primes versées après 70 ans, tous contrats confondus.

Concrètement, un même épargnant peut cumuler plusieurs contrats d’assurance vie ouverts à des âges différents, avec des versements effectués avant et après 70 ans, et donc plusieurs régimes fiscaux au décès. Les contrats assurance vie alimentés avant 70 ans profiteront du régime fiscal le plus protecteur pour de gros capitaux, surtout si les bénéficiaires sont nombreux et que le lien de parenté est direct, par exemple des enfants ou petits enfants. Les contrats assurance ou les versements après 70 ans, eux, utiliseront d’abord l’abattement global de 30 500 € sur les primes versées après 70 ans, puis basculeront dans les droits de succession classiques pour la fraction de primes excédentaire.

Il faut insister sur un point souvent mal compris par les épargnants seniors qui s’interrogent sur la fiscalité assurance vie après 70 ans. Ce n’est pas l’âge du contrat qui compte, mais l’âge du souscripteur au moment de chaque versement, ce qui signifie qu’un contrat assurance ouvert à 60 ans peut recevoir des versements effectués après 70 ans soumis au régime fiscal de l’article 757 B. À l’inverse, un contrat ouvert après 70 ans peut contenir des primes versées avant 70 ans si des transferts ou arbitrages internes ont été réalisés, ce qui complique parfois la lecture des relevés.

Pour optimiser la transmission, il est donc utile de cartographier tous les versements effectués sur vos contrats assurance vie, en distinguant clairement les primes versées avant et après 70 ans. Certains assureurs fournissent un détail par période de versement, mais ce n’est pas toujours le cas, surtout pour les vieux contrats. Un audit patrimonial permet alors de reconstituer l’historique des versements après 70 ans, de vérifier l’utilisation de l’abattement global et de simuler les droits de succession selon différents scénarios de décès.

Dans cette logique, un épargnant peut décider de concentrer ses nouveaux versements sur un contrat assurance vie déjà optimisé fiscalement, ou au contraire d’ouvrir un nouveau contrat pour séparer les primes versées après 70 ans. Pour approfondir la question de l’optimisation de l’épargne grâce à un placement défiscalisé en assurance vie, un guide détaillé sur l’optimisation de l’épargne en assurance vie peut servir de base de travail stratégique. La clé reste de comparer, pour chaque euro versé, le gain fiscal potentiel à long terme et le coût en droits de succession pour les bénéficiaires.

Gains générés après 70 ans : l’exonération méconnue qui change les calculs

Le principal angle mort de la fiscalité assurance vie après 70 ans concerne les gains générés par les primes versées après cet âge. Beaucoup de seniors pensent que tout ce qui est versé après 70 ans sera taxé lourdement à la succession, alors que seuls les montants de primes dépassant l’abattement global de 30 500 € sont réintégrés dans l’actif successoral. Les gains générés par ces primes, eux, ne sont pas assimilés à des « primes » au sens de l’article 757 B du CGI et ne sont donc pas soumis à ce dispositif, ce qui peut représenter une économie substantielle si le capital reste investi plusieurs années.

Imaginons un contrat assurance vie alimenté par un versement unique de 50 000 € à 72 ans, investi pour moitié sur un fonds en euros et pour moitié sur des unités de compte bien choisies, par exemple des fonds indiciels peu chargés en frais. Si, dix ans plus tard, les gains générés atteignent 20 000 €, le capital total au décès sera de 70 000 €, mais seuls 50 000 € seront analysés au regard de l’abattement global de 30 500 €. Les 20 000 € de gains resteront en dehors de la base de calcul de l’article 757 B et ne seront pas taxés au titre de ce régime, même si les primes versées après 70 ans dépassent l’abattement et sont soumises aux droits de succession selon le lien de parenté avec les bénéficiaires.

Cette exclusion des produits du champ de l’article 757 B est confirmée par les commentaires administratifs (BOFiP-ENR-DMTG-10-10-20-20, § 30 à 60) qui précisent que seule la fraction des capitaux décès correspondant aux primes versées après 70 ans est soumise aux droits de mutation à titre gratuit. Elle rend les versements après 70 ans particulièrement intéressants pour un épargnant qui dispose d’un horizon de placement de 8 à 12 ans, notamment si la priorité est la transmission plutôt que le rachat partiel régulier. Dans ce cas, la succession assurance vie bénéficie d’un double effet de levier : l’abattement global sur les primes et la sortie des produits du champ de l’article 757 B, ce qui peut aboutir à une transmission nette plus favorable qu’une simple détention de liquidités sur un compte courant ou un compte titres.

Il faut toutefois rester vigilant sur la qualité des contrats assurance vie utilisés pour ces versements après 70 ans. Certains contrats grand public, y compris chez de grands réseaux bancaires, affichent des frais sur versement élevés, des frais d’arbitrage cachés et des unités de compte peu lisibles, parfois avec des frais de gestion internes supérieurs à 2 % par an. Pour analyser ces aspects, il est utile de comparer plusieurs contrats de manière neutre, en examinant les frais d’entrée, les frais de gestion, la diversité des supports et la transparence des informations fournies, afin de replacer le rendement net après frais et fiscalité au centre de la décision.

Les contrats en ligne ou patrimoniaux se distinguent souvent par des frais réduits et une meilleure transparence sur les supports, mais ils ne sont pas automatiquement adaptés à tous les profils. Dans un contexte où les taux des fonds en euros ont remonté récemment, avec des rendements autour de 2,5 à 3,5 % pour les meilleurs fonds en euros en France, la capacité à générer des gains significatifs sur des primes versées après 70 ans redevient un enjeu concret. Ce n’est pas le rendement affiché qui compte, mais le rendement net après frais et fiscalité.

Cas chiffré : verser 50 000 € à 72 ans pour trois bénéficiaires

Passons à un exemple chiffré pour mesurer l’impact réel de la fiscalité assurance vie après 70 ans. Un épargnant de 72 ans effectue un versement unique de 50 000 € sur un contrat assurance vie déjà ouvert, avec trois bénéficiaires désignés à parts égales, par exemple deux enfants et un petit enfant. Les versements effectués avant 70 ans sur d’autres contrats existent déjà, mais on se concentre ici sur ce versement après 70 ans et sur les droits de succession associés.

Supposons que le capital soit investi sur un fonds en euros solide, par exemple un fonds affichant un rendement moyen de 3 % par an sur la période, et sur quelques unités de compte diversifiées. Au bout de dix ans, les gains générés atteignent environ 17 000 €, ce qui porte le capital total à 67 000 € au moment du décès, avec une répartition de 22 333 € par bénéficiaire. Pour le calcul des droits de succession, on applique d’abord l’abattement global de 30 500 € sur les primes versées après 70 ans, ce qui laisse 19 500 € de primes taxables, tandis que les 17 000 € de gains restent en dehors de la base de l’article 757 B.

Dans ce scénario, la base taxable aux droits de succession n’est donc pas 67 000 €, mais seulement 19 500 €, répartis entre les trois bénéficiaires selon leur part de capital. Chaque bénéficiaire supporte ainsi des droits sur une fraction de primes versées après 70 ans relativement limitée, alors qu’il reçoit aussi une part des gains non soumis à l’article 757 B, ce qui améliore nettement la transmission. Si l’on compare avec une situation où les 50 000 € seraient restés sur un compte bancaire classique, l’intégralité du capital, intérêts compris, serait intégrée à la succession et soumise aux droits de succession selon le lien de parenté, sans abattement spécifique lié à l’assurance vie.

Pour illustrer concrètement le calcul, supposons que les trois bénéficiaires soient des enfants en ligne directe, déjà imposés dans la tranche de droits de succession à 20 % pour la part concernée. La base taxable de 19 500 € est répartie à parts égales, soit 6 500 € par bénéficiaire (19 500 € / 3). Les droits de succession dus au titre de l’article 757 B s’élèvent alors à 1 300 € par bénéficiaire (6 500 € x 20 %), soit 3 900 € au total. Chaque bénéficiaire reçoit donc 22 333 € de capital, dont 6 500 € de primes taxées et 15 833 € de capital non taxé au titre de l’article 757 B, ce qui permet de valider numériquement l’intérêt du mécanisme.

Ce cas montre que les versements après 70 ans ne sont pas systématiquement pénalisants, surtout lorsque le capital peut rester investi suffisamment longtemps pour générer des gains significatifs. Il illustre aussi l’intérêt de bien rédiger la clause bénéficiaire, en prévoyant par exemple une répartition adaptée entre enfants et petits enfants, voire une clause démembrée pour protéger un conjoint survivant tout en préparant la transmission aux enfants. Les erreurs fréquentes, comme une clause bénéficiaire mal rédigée ou non actualisée après un divorce ou un décès, peuvent anéantir les avantages de la fiscalité assurance vie après 70 ans.

Pour sécuriser ces montages, il est recommandé de faire relire la clause bénéficiaire par un notaire, surtout lorsque plusieurs contrats et plusieurs générations de bénéficiaires sont en jeu. Un audit global de vos contrats assurance vie, incluant les versements après 70 ans, les rachats partiels éventuels et la cohérence avec votre testament, permet de vérifier que la succession assurance vie s’articule correctement avec le reste de votre patrimoine. Dans cette démarche, certains cabinets de conseil en gestion de patrimoine ou des acteurs spécialisés en assurance vie patrimoniale peuvent apporter un regard extérieur utile.

Quand préférer la donation classique aux versements après 70 ans

La fiscalité de l’assurance vie après 70 ans n’est pas toujours la meilleure option, surtout pour des patrimoines déjà importants. Lorsque les primes versées après 70 ans dépassent largement l’abattement global de 30 500 €, et que les bénéficiaires sont déjà fortement exposés aux droits de succession, la donation classique peut reprendre l’avantage. Le choix entre un versement après 70 ans sur un contrat assurance vie et une donation en pleine propriété ou en démembrement doit alors se faire chiffres en main.

Imaginons un épargnant de 78 ans qui souhaite transmettre 200 000 € à un enfant unique, alors que les abattements en ligne directe sur les droits de succession sont déjà largement consommés par un patrimoine immobilier conséquent. S’il effectue un versement de 200 000 € après 70 ans sur un contrat assurance vie, seules les primes versées à hauteur de 30 500 € bénéficieront de l’abattement global, et les 169 500 € restants seront réintégrés dans la succession au décès. Les gains générés par ces primes seront exclus du champ de l’article 757 B, mais l’économie fiscale peut rester limitée si le décès intervient rapidement et que les gains générés sont faibles.

Dans ce cas, une donation en nue propriété avec réserve d’usufruit, éventuellement étalée dans le temps, peut permettre de profiter d’abattements renouvelables et de barèmes de droits de donation parfois plus favorables que les droits de succession. La donation offre aussi l’avantage de figer la valeur transmise à la date de l’acte, ce qui peut être intéressant si l’on anticipe une hausse de valeur de certains actifs, par exemple un portefeuille de titres ou un bien immobilier. La vie après 70 ans ne se résume donc pas à un arbitrage binaire entre assurance vie et succession classique ; elle impose de combiner plusieurs outils, dont la donation, l’assurance vie et parfois la société civile.

Les nouvelles mesures de transmission anticipée annoncées dans le cadre du budget à venir pourraient renforcer l’intérêt des donations, notamment pour les transmissions intergénérationnelles vers les petits enfants. Si des abattements spécifiques ou des régimes fiscaux allégés sont mis en place pour ces transmissions anticipées, il faudra recalibrer la part de capital orientée vers les versements après 70 ans en assurance vie. Dans tous les cas, la comparaison doit intégrer le coût fiscal global, les contraintes juridiques et la souplesse de chaque solution pour l’épargnant comme pour les bénéficiaires.

Pour un senior qui souhaite rester maître de son patrimoine tout en préparant la succession, une stratégie mixte est souvent la plus pertinente. Une partie du capital peut être donnée de son vivant, en profitant des abattements et des barèmes de droits de donation, tandis qu’une autre partie reste investie sur des contrats assurance vie, avec des versements après 70 ans calibrés pour exploiter au mieux l’abattement global et la neutralisation des produits par l’article 757 B. L’important est de ne pas se laisser enfermer dans un discours simpliste du type « après 70 ans, l’assurance vie ne sert plus à rien ».

Choisir et piloter ses contrats après 70 ans : frais, supports et clauses

Au delà de la seule fiscalité, la qualité des contrats assurance vie utilisés après 70 ans pèse lourd sur le résultat final pour vos bénéficiaires. Un contrat truffé de frais sur versement, de frais de gestion élevés et d’unités de compte opaques peut rogner une grande partie des gains générés, réduisant l’intérêt de l’exclusion des produits du champ de l’article 757 B. À l’inverse, un contrat moderne, peu chargé en frais et bien diversifié, peut transformer un simple versement après 70 ans en véritable outil de transmission patrimoniale.

Les contrats en ligne ou patrimoniaux affichent souvent des frais sur versement nuls et des frais de gestion sur les unités de compte autour de 0,5 à 0,8 % par an. Couplés à des fonds en euros dont les taux ont récemment remonté, ces contrats permettent de générer des gains significatifs même après 70 ans, surtout si l’horizon de placement dépasse huit ans. À l’inverse, de nombreux contrats bancaires anciens cumulent des frais d’entrée de 2 à 4 %, des frais d’arbitrage payants et des supports en unités de compte chargés de frais internes, ce qui réduit fortement le capital disponible pour la transmission.

Le pilotage des contrats après 70 ans doit aussi intégrer la question des rachats partiels, notamment pour compléter la retraite sans déstabiliser la stratégie de transmission. Un rachat partiel bien calibré permet de dégager un revenu complémentaire tout en laissant une partie du capital et des gains générés continuer à fructifier pour les bénéficiaires. Il faut alors suivre précisément la part de primes versées avant et après 70 ans dans chaque rachat, car la fiscalité sur les produits et l’impact sur la succession ne seront pas identiques.

La rédaction des clauses bénéficiaires reste enfin un point critique, souvent négligé par les épargnants seniors qui se concentrent sur les seuls taux de rendement. Une clause trop vague, du type « mes héritiers », peut entraîner des conflits, des délais et parfois une répartition du capital contraire à vos intentions, notamment en présence de familles recomposées. Pour un accompagnement plus structuré dans le choix du contrat et la rédaction des clauses, un dossier spécialisé sur le choix d’une assurance vie adaptée à votre situation réelle peut fournir des repères utiles et des comparaisons honnêtes entre les offres du marché.

En pratique, la bonne stratégie consiste à limiter le nombre de contrats, mais à bien les choisir et à les piloter activement, année après année. Un suivi régulier des frais, des supports, des performances nettes et de la cohérence des clauses bénéficiaires avec votre projet de transmission permet de tirer pleinement parti de la fiscalité assurance vie après 70 ans. Là encore, ce n’est pas le rendement affiché qui compte, mais le rendement net après frais et fiscalité.

Fiscalité assurance vie après 70 ans : repères pratiques pour décider

Pour un épargnant de plus de 70 ans, la première étape consiste à dresser un inventaire précis de tous les contrats assurance vie détenus. Il faut y recenser les versements effectués avant et après 70 ans, les primes versées sur chaque contrat, les rachats partiels déjà réalisés et l’utilisation éventuelle de l’abattement global de 30 500 €. Ce diagnostic permet de savoir si de nouveaux versements après 70 ans ont encore un intérêt fiscal ou si d’autres outils de transmission, comme la donation, doivent être privilégiés.

La deuxième étape est de simuler plusieurs scénarios de décès à différents âges, en tenant compte des rendements plausibles des supports choisis et des droits de succession applicables selon le lien de parenté avec chaque bénéficiaire. Ces simulations montrent rapidement dans quels cas la fiscalité assurance vie après 70 ans reste avantageuse, notamment lorsque les gains générés sur les primes versées après 70 ans sont élevés et que l’abattement global n’est pas encore saturé. Elles mettent aussi en lumière les situations où les versements après 70 ans ne font que déplacer le capital sans véritable gain fiscal, voire avec un surcoût en frais.

La troisième étape consiste à ajuster la stratégie de versement et de rachat partiel en fonction de vos besoins de liquidité et de vos objectifs de transmission. Si vous avez besoin de revenus complémentaires réguliers, il peut être pertinent de programmer des rachats partiels sur les contrats les plus chargés en frais, en conservant les contrats les plus efficaces pour la transmission. Si, au contraire, votre priorité est la transmission et que vos revenus de retraite sont suffisants, concentrer les versements après 70 ans sur un ou deux contrats performants peut optimiser la neutralisation des produits par l’article 757 B et l’utilisation de l’abattement global.

Enfin, il ne faut pas négliger l’articulation entre assurance vie, succession classique, donations et éventuelles mesures de transmission anticipée qui pourraient être renforcées par les prochaines lois de finances. Un dialogue régulier avec votre notaire et, si besoin, avec un conseiller en gestion de patrimoine indépendant, permet de garder une vision globale de votre patrimoine et d’éviter les décisions isolées prises sous la pression commerciale. La fiscalité de l’assurance vie après 70 ans n’est ni un épouvantail ni une baguette magique ; c’est un outil puissant, à manier avec méthode, chiffres à l’appui.

Chiffres clés sur la fiscalité de l’assurance vie après 70 ans

Âge au moment du versement Base taxable au décès Abattement applicable Traitement des gains
Avant 70 ans Capital + intérêts 152 500 € par bénéficiaire (art. 990 I CGI) Inclus dans l’abattement de 152 500 €
Après 70 ans Primes versées uniquement 30 500 € global, tous contrats et bénéficiaires (art. 757 B CGI) Hors champ de l’article 757 B, non réintégrés dans l’actif successoral
  • Un abattement global de 30 500 € s’applique aux primes versées après 70 ans, tous contrats et tous bénéficiaires confondus, ce qui constitue le socle du régime fiscal spécifique après 70 ans (source : réglementation fiscale française, article 757 B du Code général des impôts et BOFiP-ENR-DMTG-10-10-20-20, § 30 et s., version au 20 décembre 2019).
  • Les intérêts et plus values générés par les primes versées après 70 ans ne sont pas assimilés à des primes au sens de l’article 757 B et ne sont donc pas soumis à ce dispositif, ce qui peut transformer un placement long en outil de transmission très efficace (source : documentation fiscale des assureurs et doctrine administrative précitée).
  • Avant 70 ans, chaque bénéficiaire d’un contrat d’assurance vie bénéficie d’un abattement de 152 500 € sur le capital et les gains, ce qui rend les versements précoces particulièrement intéressants pour les gros patrimoines transmis à plusieurs bénéficiaires (source : Code général des impôts, article 990 I, régime de l’assurance vie au 1er janvier 2024).
  • Un versement de 50 000 € effectué à 75 ans sur un contrat d’assurance vie illustre concrètement le mécanisme : au décès, 30 500 € de primes sont exonérées grâce à l’abattement global, tandis que le surplus de primes est soumis aux droits de succession, mais les intérêts générés ne sont pas taxés au titre de l’article 757 B (exemple pédagogique issu de la pratique des assureurs et des commentaires BOFiP).

Questions fréquentes sur la fiscalité de l’assurance vie après 70 ans

Les versements après 70 ans sont ils toujours désavantageux pour la succession ?

Non, les versements après 70 ans ne sont pas systématiquement défavorables, car seuls les montants de primes dépassant l’abattement global de 30 500 € sont réintégrés dans la succession au titre de l’article 757 B du CGI. Les gains générés par ces primes ne sont pas assimilés à des primes pour ce calcul, ce qui peut rendre l’opération intéressante si le placement dure plusieurs années. L’arbitrage dépend du montant versé, de la durée de placement et de la situation successorale globale.

Quelle est la différence entre l’abattement de 152 500 € et l’abattement global de 30 500 € ?

L’abattement de 152 500 € s’applique par bénéficiaire sur les capitaux décès issus de primes versées avant 70 ans, capital et gains confondus, en vertu de l’article 990 I du CGI. L’abattement global de 30 500 € concerne uniquement les primes versées après 70 ans, tous contrats et tous bénéficiaires confondus, et ne porte pas sur les produits. Cette distinction explique pourquoi il est souvent conseillé de privilégier les versements importants avant 70 ans.

Comment sont taxés les gains générés par des primes versées après 70 ans ?

Les gains générés par des primes versées après 70 ans ne sont pas pris en compte pour l’application de l’article 757 B du CGI au décès de l’assuré, quel que soit leur montant. En revanche, en cas de rachat partiel ou total du contrat du vivant de l’assuré, ces gains restent soumis à la fiscalité classique de l’assurance vie sur les produits, avec prélèvements sociaux et éventuellement prélèvement forfaitaire unique. Il faut donc distinguer la fiscalité en cas de décès de celle applicable en cas de retrait.

Faut il ouvrir un nouveau contrat après 70 ans ou utiliser un contrat existant ?

Le choix entre ouvrir un nouveau contrat ou utiliser un contrat existant dépend surtout des frais, de la qualité des supports et de la lisibilité de l’historique des versements. Un nouveau contrat peut faciliter le suivi des primes versées après 70 ans et la gestion de la clause bénéficiaire, mais un ancien contrat performant avec peu de frais peut rester très compétitif. L’essentiel est de pouvoir identifier clairement les versements avant et après 70 ans pour appliquer correctement les règles fiscales.

Dans quels cas la donation est elle préférable à l’assurance vie après 70 ans ?

La donation devient souvent plus intéressante lorsque les montants à transmettre sont élevés, que l’abattement global de 30 500 € est déjà utilisé et que les bénéficiaires sont fortement imposés aux droits de succession. Une donation, notamment en nue propriété avec réserve d’usufruit, permet de profiter d’abattements renouvelables et de barèmes spécifiques, tout en figeant la valeur transmise. La décision doit se prendre après simulation chiffrée, en comparant le coût fiscal global des deux solutions.

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